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LA REINE ELISABETH DE BELGIQUE (1876-1965)
En juillet 1942, la Gestapo opéra les premières rafles dans les quartiers habités par les Juifs à Bruxelles et à Anvers et les emprisonna à Malines en vue d’une déportation vers l’Est. En août 1942, Sa Majesté la Reine Elisabeth reçut en audience l’Association des Juifs belges, Sa Majesté leur assura qu’elle ferait tout ce qui était en son pouvoir pour arrêter les rafles et pour protéger les Juifs belges de la déportation. Le 24 septembre 1942, à Bruxelles, le cardinal Van Roey, chef de l’Eglise catholique en Belgique, et la Reine Elisabeth intercédèrent auprès des autorités d’occupation allemande après l’arrestation de six membres importants de la communauté juive. Grâce à leur intervention, cinq d’entre eux furent relâchés. Le sixième, secrétaire de la communauté juive belge, n’était pas un citoyen belge mais hongrois, et même l’intervention des autorités belges ne put le sauver. Il fut déporté à Auschwitz.
Le château de la Reine Elisabeth à Jamoigne était un orphelinat pour les enfants de soldats belges, dirigé par Marie Taquet, femme d’un officier de l’armée de terre. En 1943, elle y accueillit 80 enfants juifs. Tous leurs noms furent modifiés pour avoir une consonance chrétienne et ils furent dispersés parmi les autres enfants sans que ceux-ci sachent qu’ils étaient juifs. Ils furent tous sauvés.

MARIE TAQUET-MERTEN
Marie Taquet est née au Luxembourg et a épousé, à l’âge de 20 ans, un officier de l’armée belge. Durant l’occupation de la Belgique, en 1942, son mari fut chargé de s’occuper du château de la Reine Elisabeth, une école pour les enfants des militaires belges de Jamoigne. En tant qu’administratrice du château, Marie Taquet accueillit, en 1942, 80 enfants juifs. En 1943, 80 autres enfants, tous juifs, arrivèrent au château. En septembre 1943, lorsque la Gestapo arriva au château chercher des enfants juifs, Marie Taquet cacha l’existence de ces enfants, empêchant ainsi leur déportation. Tous ces enfants, dont la véritable identité avait été dissimulée, ont pu, ainsi, être sauvés.

LE PERE BRUNO REYNDERS (1903-1981)
Le père Bruno, un moine bénédictin, s’était rendu en Allemagne en 1938 et avait été affligé par le spectacle qui s’était offert à lui : « Je me promenais dans une rue animée, rapporta-t-il, et je voyais partout des pancartes insultantes : "Jude=Judas", "Juden heraus" ou "Hier sind Juden nicht erwünschen". J’étais extrêmement choqué, mais ce fut l’incident suivant qui me révolta le plus : je vis arriver un vieillard vêtu d’un cafetan et coiffé d’un chapeau noir, en un mot le stéréotype même du Juif. Ce vieillard avançait courbé, il n’osait pas lever les yeux et cachait son visage de ses mains. Les gens s’éloignaient de lui comme s’il avait la peste, ou ils le bousculaient volontairement, le montraient du doigt et se moquaient de lui. Cette ségrégation, ce mépris, cette arrogance, cette cruauté stupide… c’était insupportable ! Ce souvenir ne s’est jamais effacé de ma mémoire et me procure toujours ce même dégoût. »
Le père Bruno avec cinq des enfants juifs qu’il cachait © USHMM
Alors qu’il était aumônier dans l’armée belge en 1940, le père Bruno fut blessé et capturé. Il ne fut libéré qu’au bout d’un an. En 1942, le moine Bruno Reynders, revenant en Belgique, fera fonction d’aumônier dans un petit foyer pour aveugles près de Theux, qui, en réalité, était une couverture dont la véritable mission était de cacher des Juifs menacés d’arrestation. La direction du foyer et la plupart des résidents, dont cinq ou six enfants authentiquement aveugles, sont tous juifs. » Ainsi débuta une héroïque aventure, dont le but était « de sauver des vies humaines, reconstituer des familles, établir entre le judaïsme et la chrétienté des contacts humains. » Le père Bruno sauva près de 400 enfants juifs de la déportation, en les plaçant dans des familles à Louvain, Jodoigne, Namur, Ciney, Bruxelles et Bouge, ainsi que dans de nombreuses institutions religieuses (les sœurs de Bellegem, l’abbaye de Leffe, l’abbaye bénédictine de Liège où se trouvait sa propre sœur, les sœurs de Don Bosco à Courtrai, etc.)
Bernard et Charles Rotmil, deux frères juifs sauvés par le père Bruno © USHMM
Il organise l’approvisionnement en nourriture, en vêtements, les faux papiers d’identité ; il fait appel à des amis et parents pour les besoins financiers de ses petits protégés. De plus, il fait en sorte que les enfants puissent poursuivre leurs études, en intervenant auprès de directeurs d’écoles dans toute la Belgique. Après la Libération, il œuvre pour réunir les enfants cachés et leurs familles. C’est en 1964 que Yad Vashem accorde au père Bruno le titre de Juste parmi les Nations. A Ottignies, une stèle est érigée en son souvenir, avec la mention : « Père Bruno Reynders, Bénédictin (1903-1981). Héros de la résistance. Au péril de sa vie, il a sauvé plus de 400 Juifs de la barbarie nazie. »
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Le père Bruno à Jérusalem avec quelques-uns des enfants qu’il avait cachés |
L’ABBE MARCEL STENNE
L’abbé Marcel Stenne, curé et responsable de la colonie des Enfants au Grand Air de Stoumont de Belgique. Sous l’occupation nazie, l’abbé Stenne n’hésita pas, au péril de sa vie, de cacher neuf enfants juifs parmi ses pensionnaires pendant toute la guerre. La plupart étaient des orphelins, suite à la déportation de leurs parents. A ce groupe de neuf enfants s’ajoutait parfois une dizaine d’autres enfants juifs pour des séjours de quelques semaines à la colonie. Hommage a été rendu au courage, à l’abnégation de l’abbé Stenne, aidé en cela par ses moniteurs, dont les efforts de tous les instants ont permis d’offrir aux enfants, dans la mesure du possible une vie normale et une nourriture en suffisance.
L’ABBE JOSEPH ANDRE (1908-1973)
L’abbé Joseph André à Jérusalem
A Namur, le père Joseph André recueillit cent enfants dans les monastères et couvents de son diocèse et prétendit auprès des autorités qu’ils étaient chrétiens, avec la garantie qu’ils ne feraient l’objet d’aucune pression pour les ramener à la conversion. Après la
Libération, il les ramena auprès des membres éminents de la communauté juive. Ses efforts pour venir en aide aux Juifs ne s’arrêtèrent pas là. Un rabbin américain qui était alors aumônier de l’armée américaine, le capitaine Harold Saperstein, raconta que le père André « avait demandé à des familles catholiques de cacher des Juifs. Il avait cédé son lit à des réfugiés juifs et, pendant leur séjour chez lui, il avait dormi par terre dans son bureau. Il apportait de la nourriture aux réfugiés qui se cachaient et transmettait les messages que les parents envoyaient à leurs enfants. Il faisait tout cela depuis chez lui, juste à côté de l’hôtel où se trouvaient les bureaux de la Gestapo et où nous avions été logés à notre tour. Au cours des derniers mois de l’occupation nazie, il fut aussi obligé de se cacher. En deux ans, il sauva plus de deux cent vies humaines. »
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« L’abbé Joseph André : une des gloires du diocèse de Namur » |
Le 20 décembre dernier, j’ai eu la joie d’inaugurer, en présence d’un beau concours de peuple, la « Maison Abbé Joseph André », située Place du Chapitre 5 à Namur. Elle accueille désormais, sous la vigilance de Monsieur l’abbé Bayet, délégué épiscopal, divers services et organismes : Vivre Ensemble, Entraide et Fraternité, Caritas, Action catholique, etc.
Grâce à cet espace, restauré avec bonheur et beaucoup plus accueillant que les anciens locaux du premier étage du Séminaire Notre-Dame, le diocèse désire honorer le travail social qui y est réalisé au nom de l’Évangile au service, notamment, de personnes en difficulté.
Parmi diverses appellations possibles, j’ai voulu placer cette maison sous le patronage d’une grande figure sociale de notre diocèse, à savoir l’abbé Joseph André, qui a déjà donné son nom à une place de Namur, la Place Abbé Joseph André, au n° 7 de laquelle se trouve la Prison dont il fut jadis l’aumônier. La vie de ce prêtre namurois est si exceptionnelle que, si les Namurois faisaient preuve d’un peu plus de chauvinisme, on pourrait introduire sa cause de béatification.
Né le 14 mars 1908 à Jambes, l’abbé André pensa d’abord devenir jésuite et fut ainsi novice à Arlon de 1926 à 1928. Sa santé fut jugée trop fragile et il quitta le noviciat. L’avenir allait cependant montrer qu’il serait extrêmement résistant à la fatigue et au travail ! Devenu prêtre à Namur en 1936, il fut professeur au Séminaire de Floreffe jusqu’en 1941, date à laquelle il devient vicaire à la paroisse Saint-Jean-Baptiste à Namur. Confronté au petit peuple des pauvres, il va, à l’école de son curé, le non moins célèbre Abbé Jacoby, s’engager dans une vie héroïque de pauvreté et de renoncement. Il ne gardait rien pour lui. Tout ce qu’on pouvait lui donner à son usage personnel passait aussitôt à plus pauvre que lui. Sauf, à la rigueur, une nouvelle soutane. Et encore…
La traque des Juifs par les nazis devait l’entraîner dans une aventure redoutable. Dans la Maison des Œuvres paroissiales, située Place de l’Ange, il allait, pendant toute la guerre, accueillir en permanence une vingtaine d’enfants juifs qu’il plaçait ensuite dans des maisons ou institutions religieuses avant de les remplacer par d’autres. Le comble est que cette maison jouxtait … la Kommandantur ! Par un véritable tour de force, il parvint durant quatre ans à convaincre ses peu commodes voisins qu’il s’agissait des enfants du patronage paroissial ! Pour nourrir ce petit monde, pour le mettre en sécurité lors de rafles, il déploya une énergie inimaginable, mettant souvent sa vie – et celle de quelques autres - en péril.
Cet aspect de sa vie est relativement bien connu. Un récent roman d’Éric-Emmanuel Schmitt a admirablement illustré, sous le titre de « L’enfant de Noé », l’ouverture de cœur et le sens œcuménique de ce prêtre qui mérita d’être reconnu par les Juifs comme un « Juste des Nations ». Une plaque commémorative le rappelle aux Namurois sur la façade de l’ancienne Maison des Œuvres, qu’il avait rebaptisée, à usage interne : « Home Notre-Dame de Sion » ! Mais ce qu’on sait moins, c’est qu’après la guerre, tout en continuant à s’occuper de familles juives en difficulté, il se mit en déployer une prodigieuse activité au service des paumés de toute sorte, des chômeurs, des immigrés musulmans, des travailleurs étrangers, des délinquants sortis de prison, etc. C’est pour eux qu’il réalisa un accueil au Château de l’Horloge, à Bomel. Il poursuivit inlassablement cet apostolat avec une énergie farouche et un total oubli de lui-même.
À partir de 1957, il en ajouta un autre : l’aumônerie de la Prison de Namur. Il y fit preuve du même dévouement. Levé tôt le matin, vers 5h, pour la prière personnelle, suivie de la messe à la Prison, il consacrait sa matinée aux contacts avec les détenus et le personnel. L’après-midi était souvent vouée à des visites aux familles des prisonniers ou à des démarches administratives à Bruxelles au profit des pensionnaires du Château de l’Horloge. Il rentrait au Foyer le soir, passait la soirée avec les jeunes, allait parfois les rechercher dans des endroits mal famés et ne pouvait habituellement prendre un peu de repos qu’après 1h du matin. Pour une nuit de 4 heures, il jugeait superflu d’utiliser un lit, des draps et des couvertures utiles à d’autres et se contentait de sommeiller dans un fauteuil.
À ce rythme, on comprend que l’Abbé Joseph André se soit usé prématurément jusqu’à la corde, à l’image de ses soutanes verdies par l’âge. On le retrouva mort dans son bureau de la prison le 1er juin 1973. Ce fut une grande émotion – dont je me souviens – dans Namur. Mais aussi dans tout le monde de l’assistance sociale et dans le monde juif. Lors de ses funérailles, le célèbre philosophe juif de l’ULB, Chaïm Perelman, émit le souhait qu’un monument commémorât à Namur cette figure exceptionnelle d’homme, de chrétien et de prêtre. Je doute que son souhait ait été exaucé par la simple plaque posée Place de l’Ange sur l’ancienne Maison des Œuvres. J’espère donc apporter une petite contribution supplémentaire en plaçant sous son patronage cette « Maison Abbé Joseph André » destinée à abriter un travail social qui fut au cœur de la vie de cet inoubliable prêtre namurois.
L’étape suivante sera de réaliser une vraie biographie, aussi complète que possible, de l’Abbé André. Mais dans l’immédiat, je souhaite beaucoup de succès à la Maison qui portera désormais son nom à deux pas de la Cathédrale.
+ André-Mutien, Évêque de Namur
MADELEINE SOREL
En 1935, Madeleine Sorel, précédemment employée par l’Office national de l’Enfance en Belgique, fonde un home pour enfants handicapés et s’installe au Château Beau Séjour de Linden, près de Louvain. Dès 1942, le home accueillera des enfants juifs sur recommandation de l’ONE et de la Croix Rouge. Grâce aux filières de résistance et de l’aide discrète de l’Archevêché de Malines, 80 enfants juifs âgés de 2 mois à 2 ans échapperont à une mort certaine. Les plus grands sont dirigés vers d’autres caches avec l’aide du père Bruno Reynders et de l’abbé Ceupens. Grâce à l’aide de ses sœurs et frère, Madeleine Sorel prend en charge l’organisation du château. Des adultes juifs y trouveront également refuge en y travaillant comme membres du personnel. En mars 1944, Madeleine Sorel est obligée d’évacuer le château en un week-end avant sa réquisition. Tous les enfants seront éparpillés dans des familles et chez des amis. Ensuite elle trouvera un nouveau havre pour ses protégés, le Château de Boneffe à Branchon. Grâce au soutien des habitants du village, mais aussi grâce à sa générosité personnelle, M. Sorel contribuera au confort des enfants jusqu’à la Libération.
YVONNE NEVEJEAN (1900-1987)

Timbre belge en l’honneur d’Yvonne Nèvejean
Yvonne Nèvejean, directrice de l’Oeuvre nationale de l’enfance (ONE) en Belgique, contribua, avec le Comité de défense des Juifs, à sauver des centaines d’enfants en les plaçant dans des familles, des institutions laïques ou religieuses sous de faux noms. Grâce à ses efforts, plus de 4.500 enfants juifs belges trouvèrent refuge chez des familles chrétiennes, dans des couvents, des orphelinats, des pensionnats et des sanatoriums. A plusieurs reprises, elle put sauver des enfants qui avaient été repérés par les Allemands, à peine quelques heures avant qu’ils ne soient déportés. La Gestapo tenta d’arrêter ses actions de sauvetage, mais, grâce à la Reine Elisabeth et à Léon Platteau, secrétaire général du ministère de la Justice pendant l’occupation allemande (qui fut, lui aussi, reconnu comme Juste parmi les Nations), Yvonne Nèvejean put poursuivre ses activités en faveur des enfants juifs. En 1965, elle a reçu le titre de Juste parmi les Nations, et, en 1996, la Poste belge a émis un timbre à son image.
ANDREE GEULEN-HERSCOVICI

Andrée Geulen
Témoignage d’Andrée Geulen-Herscovici dans LA BOITE A IMAGES asbl (www.laboiteaimages.be) : « 1940-1945 : Un combat pour la liberté »
Je suis née le 6 septembre 1921 à Bruxelles.
En juillet 1942, j’ai commencé à faire des intérims dans l’enseignement, où j’ai été confrontée pour la première fois au problème des enfants juifs. Je voyais arriver dans ma classe des enfants avec une étoile jaune, et puis ils ne venaient plus à l’école parce qu’ils avaient été arrêtés dans la nuit avec leurs parents.
C’est à ce moment là que j’ai rencontré le réseau de résistance qui s’occupait de cacher ces enfants, et j’en ai fait partie jusqu’à la libération. Il s’agissait du « Comité de Défense des Juifs », section enfance. Je cachais des enfants dans des abris « sûrs ».
La révolte devant l’impensable m’a poussé à agir. Qui peut rester insensible à ça. On me communiquait des adresses de personnes juives, où je me rendais pour prévenir la famille que j’emmènerais l’enfant 48 heures plus tard. A la campagne, dans un couvent, dans des familles privées ou dans des institutions nées de la guerre (le Secours d’Hiver, l’Aide Paysanne aux Enfants, etc.).
La période était difficile. Nous avions faim et froid.
Mais sauver des enfants est une belle cause.
Un jour je suis allée chercher un bébé de 20 mois environ. Au moment où je suis sortie avec le bébé, la Gestapo est arrivée. Les rafles étaient effectuées dans les quartiers juifs. Ils barraient toutes les rues transversales avec des camions pour empêcher les gens de s’échapper.
Je suis arrivée dans une de ces rues avec la poussette, et pendant ce temps, ils faisaient descendre toutes les familles.
D’autres fois, nous allions aussi chercher des bébés qui avaient 6, 7 jours à la maternité. Des médecins « amis » nous signalaient les enfants à cacher tandis qu’ils s’occupaient des mères désemparées.
Nous avons appris l’existence des chambres à gaz suite au voyage de Victor Martin, un jeune universitaire, chargé par le « Front de l’Indépendance » de faire une enquête en Allemagne pour voir ce que devenaient les prisonniers que l’on envoyait là-bas. Le responsable du « Comité de Défense des Juifs » lui a demandé de voir ce que les déportés devenaient.
Martin est rentré d’Allemagne en disant : « on brûle les gens. » Il avait pris contact avec des gens autour du camp, des ouvriers qui lui ont parlé des cheminées.
Après la guerre j’ai continué à avoir énormément de contacts avec ces enfants, d’autant plus quand les parents avaient survécu. Parce que les parents avaient le souvenir de ce que j’avais fait, ils n’ont jamais oublié.
C’est un grand privilège pour moi d’avoir pu continuer à les aider en les guidant dans leurs études par exemple.
Un beau jour, quelqu’un m’a écrit de San Francisco pour me demander où il avait été caché pendant la guerre. Je lui ai répondu, et il est venu quelques jours après en Belgique. Nous sommes allés ensemble jusqu’au couvent où il était caché, à Louvain. Pour lui c’était terrible, il en pleurait car il se souvenait des caves où il se cachait pendant les alertes, du petit coin où il cultivait des légumes, de la chapelle.
Par la suite je suis allée le voir à San Francisco. Ces deux fils étaient présents. Nous avons fait un film ensemble. Il pleurait à chaudes larmes. Ses fils m’ont dit qu’il n’avait jamais rien raconté avant.
J’ai gardé de cette période la haine de tous les racismes, pas seulement de l’antisémitisme, qui peuvent mener jusqu’à l’extermination.
Je suis pessimiste au vu de l’actualité de ces dernières années. J’ai l’impression que l’homme n’a pas appris grand-chose. Il suffit de quelques incidents dans la rue pour que naissent des nouveaux sentiments de rejet. Mais il faut pouvoir résonner tout ça.
A mon sens, tant qu’il y aura dans ce monde des gens qui « crèvent de faim » et de l’autre qui « crèvent de trop de richesses », il y aura un appel de ces pays pauvres vers ces pays riches.
Si on établit un meilleur équilibre des richesses, on évitera d’abord les déplacements de population. Il faut faire un effort pour se mettre à la place des gens.
Nous vivons ici dans un pays de cocagne. J’admire les jeunes qui se battent pour une meilleure répartition des richesses. C’est ce combat-là qu’il faut mener aujourd’hui. 
ALICE SCHIFFER et LYDIA WEGIELSKI
En juin 1942, Alice Schiffer rendit visite à sa cousine, Lydia Wégielski, qui habitait Bruxelles. Les mesures prises contre les Juifs déterminèrent Alice Schiffer à prendre avec elle les enfants des voisins de sa cousine, Inge et Lydia Kollmann. Elle les emmena à Anzeigen, un petit village flamand, où elle prendra soin des enfants pendant un an, pour les cacher ensuite dans un couvent. Le père des enfants fut arrêté dans son appartement et déporté à Auschwitz, mais la mère des enfants, qui était cachée par la sœur d’Alice, survécut à la guerre. En 1979, Alice Schiffer fut reconnue par Yad Vashem comme Juste parmi les Nations.
GERMAINE BELLINE et LILIANE GAFFNEY
Germaine Belline et sa fille, Liliane Gaffney, ont caché plus de 30 Juifs à la Louvière. Avec l’aide d’un employé de la mairie de la ville, elles ont fourni des cartes d’identité et des rations alimentaires aux personnes qu’elles avaient cachées.
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Germaine Belline et Liliane Gaffney |
GEORGES RANSON
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M. et Mme Georges Ranson © USHMM |
Georges Ranson fournit à Fani Mendelowicz un travail dans sa fabrique et de fausses cartes d’identité. Il cacha ses trois filles chez lui, chez son frère et chez sa secrétaire. Ensuite, craignant une dénonciation, il emmena les enfants dans un couvent à Doel, où sa cousine, sœur Ordonia, vivait. Les filles vécurent ensuite à Bruxelles, avant que le père Bruno, contacté par Fani, leur trouve un abri temporaire dans un orphelinat à Etterbeek. En septembre 1943, les filles furent envoyées dans un autre couvent, Notre-Dame-Des-Sept-Douleurs, à Ruiselede, où elles restèrent jusqu’à la fin de la guerre. Après la libération de Ruiselede, en octobre 1944, les filles ont pu rentrer à Bruxelles, où le père Bruno aida l’aînée, Flora, à s’inscrire dans une l’école catholique, sans pour autant suivre l’enseignement religieux. En 1946, Fani et ses trois filles quittèrent la Belgique pour rejoindre son mari aux Etats-Unis. Georges Ranson et plusieurs des sœurs qui ont participé au sauvetage de cette famille furent reconnus comme Justes parmi les Nations en 1995.
EDUARD FRANS et CLEMENTINE VAN BUGGENHOUT
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Clémentine et Lydia van Buggenhout avec les deux filletes juives qu’elles ont cachées pendant la guerre © USHMM |
Clémentine et Eduard van Buggenhout furent contactés par Rajala Lederman, dont le mari avait été déporté à Auschwitz en octobre 1942. Ils acceptèrent de cacher les deux fillettes de Rajala, Margo et Annette, dans leur maison de Rumst, où ils vivaient avec leurs trois enfants. La jeune fille des van Buggenhout, Lydia, aida ses parents à élever les sœurs Lederman.
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Margo et Annette Lederman avec Clémentine van Buggenhout © USHMM |
Margo et Annette Lederman avec l’un des fils des van Buggenhout © USHMM |
Lorsque les van Buggenhout apprirent la déportation, à Auschwitz, de Rajala Lederman, ils voulurent adopter les fillettes, mais le prêtre du village s’y opposa, comme il n’y avait pas d’indication suggérant que ceci aurait été le souhait des parents naturels. Finalement, après un séjour dans plusieurs orphelinats et une tentative échouée d’immigrer en Israël, les filles furent adoptées par un couple américain et partirent, en 1950, aux Etats-Unis. En 1978, Eduard Frans et Clémentine van Buggenhout furent reconnus comme Justes parmi les Nations
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Margo et Annette Lederman avec Lydia van Buggenhout et un soldat allié à Rumst©USHMM |
Margo et Annette Lederman avec Clémentine van Buggenhout après la guerre © USHMM |
VICTOR, IDA, MARCEL, MARIE-LOUISE et JOSEPH ALARDO
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Sabine Donner et son fils, Henri, avec la famille Alardo © USHMM |
Victor Alardo était actif dans le mouvement de résistance dans la région de Dinant. Lui et sa femme, Ida, vivaient dans une ferme avec leurs six enfants. Il accepta d’héberger, pour quelques jours, Henri Donner, un petit garçon juif, avant de le placer dans un orphelinat. Mais ses enfants le persuadèrent de garder Henri, qui resta avec la famille jusqu’à la fin de la guerre. Il vécut sous le faux nom de Henri Peeters, apprit le français et le wallon et alla à l’école. Victor Alardo l’emmena même à plusieurs reprises voir sa mère, Sabine Donner, qui se cachait dans une autre famille catholique de la région.
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Carte d’identité, délivrée à Schaerbeek, de Clara (Chaja) Donner, la sœur aînée de Henri Donner. Les mots « Juif-Jood » sont mentionnés en lettres rouges © USHMM |
Durant l’été 1944, les Allemands confisquèrent la ferme des Alardo. Ceux-ci se cachèrent dans une cave jusqu’à la libération de la zone par les Américains. Néanmoins, lorsque les Allemands reprirent provisoirement la zone, la famille affronta le danger d’une dénonciation, les voisins ayant appris, entre temps, que le petit garçon était juif. Par conséquent, Victor Alardo et ses deux fils emmenèrent Henri Donner et se cachèrent dans la zone libérée, en attendant que les Allemands soient repoussés de leur village. Après la guerre, Henri retrouva son père et ses frères, qui étaient revenus de déportation, mais, fortement attaché à sa famille d’adoption, eut du mal à s’adapter à la vie dans un environnement juif. Finalement, il ira vivre avec son père et ses frères en Israël. En 1992, Yad Vashem a reconnu Victor Alardo et son épouse, Ida, ainsi que trois de leurs enfants, Marcel, Marie-Louise et Joseph, comme Justes parmi les Nations.
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Henri Donner, Ida Alardo et son fils, Maurice © USHMM |
EUGENE COUGNET et JOSEPH LEBOUTTE
Eugène Cougnet, membre de la résistance, aida une famille juive anversoise, les Iarchy. Au début de l’année 1942, il cacha Lala Iarcy, sa mère et son fils, Jean, dans son Château de Bassin, où se cachaient encore 60 autres Juifs. Un jour avant une rafle de la Gestapo, en octobre 1942, les Iarchy quittèrent le château et, aidés par un autre membre de la résistance, Joseph Leboutte, se cachèrent à Durbuy, chez Mlle Pierre. L’époux de Lala Iarchy, Moise Iarchy, essaya de les rejoindre, mais fut arrêté et déporté. Lala, sa mère et son fils restèrent à Durbuy jusqu’à la libération par l’armée américaine, en septembre 1944. En 1983, Eugène Cougnet fut reconnu Juste parmi les Nations. Joseph Leboutte reçut la médaille de Juste en 1999.
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Moise et Lala Iarchy, Anvers, 1941 © USHMM |
Belgian Righteous among the Nations honored at Yad Vashem

The Encyclopedia dedicated to the Belgian citizens who have been recognized "Righteous among the Nations" was presented by Avner Shalev, Chairman of the Yad Vashem Directorate, to the Belgian Ambassador, Jean-Michel Veranneman de Watervliet, during a ceremony at Yad Vashem on September 27th.2005, before an audience of about 200 persons, among them survivors of the Holocaust and people who had been hidden in Belgium during the war.
The speakers at the ceremony included also Mr. Shalev, Professor Dan Michman, chief historian of Yad Vashem and editor-in-chief of the Encyclopaedia, Mr. Sally Zajfman, President of the “Association des Originaires de Belgique en Israël” and Mrs. Bella Kenigsman, President of the “Association des Amités Israël-Belgique”.
Mr. Shalev, chairman of the Yad Vashem directorate, opened the ceremony. He said it was fitting that the ceremony was being held a few days before Rosh Hashanah, a time in the Jewish calendar when man is asked to account for his actions and choices before his creator. Man, unlike other creatures, has the capacity to choose between good and evil. During World War II, too many people chose to stand aside, but a few - too few - went against the stream and chose good. Mr. Shalev gave the example of Andrיe Geulen, a social worker from Brussels, in her twenties at that time, who was deeply involved in finding hiding places for Jewish children. Mr. Shalev said these encyclopaedias should serve first and foremost for educational purposes, as parameters for moral human conduct to the young generations.
Professor Michman spoke of the need to tell the personal stories of each and every Righteous, and not to limit oneself to generalities. The Belgian volume contains 610 rescue stories about 1,172 Belgians who were awarded the title of “Righteous”. (up until now, 1412 Belgian citizens have been granted this title). Belgium, said Professor Michman, is one of only four countries - the other three being Poland, France and the Netherlands - which can boast of having a volume entirely dedicated to their Righteous (the Righteous of all other countries will be grouped together in a separate volume). This goes to show that the percentage of Belgian citizens who were involved in saving Jews is very high indeed. One of the particularities of Belgium, said professor Michman, is the very active participation of church organizations of all kinds in the rescuing of Jews. He gave the example of Monsignor Louis-Joseph Kerkhofs, bishop of Liège during the war years, who used his considerable authority and prestige to urge the clerics in his diocese to lend a hand to save Jews from deportation. Another particularity of Belgium is the fact that people from all social classes and walks of life were involved in saving Jews: aristocrats, priests, housewives, workers, farmers, the rich and the poor, thus making up a canvas of extraordinary human dimension.
Mr. Sally Zajfman, President of the “Association des Originaires de Belgique en Israël” addressed himself directly to the Righteous: “Thanks to your deeds, every child, every human being saved was able to set up a family. From every person saved, a whole world was born. You have ensured the continuity of generations. A ray of light, be it very small, chases away the deepest darkness. As son of a survivor of the Holocaust, in the name of the OBI, I thank you with all my heart”.
Mrs. Bella Kenigsman, President of the “Association des Amitiés Israël-Belgique” said that though we should keep in our heart the memory of those who perished, we should also never forget all those who helped the Jews at the peril of their own life. A ceremony such as this one contributes greatly to the friendship between Israel and Belgium.
The Ambassador of Belgium, Mr. Jean-Michel Veranneman de Watervliet, was the last speaker. He said he felt moved to be in Yad Vashem to pay tribute to his countrymen who had stood up to evil during the years of Nazi occupation. Mr. Veranneman recounted some lesser known facts about the history of his country during World War II, especially the actions of the Belgian Resistance. The fact that Belgian citizens collaborated with the occupying forces is “a blemish on our national record that no one can erase” he said. On the other hand, one should not forget that the majority of Jews who were in Belgium when occupation began escaped deportation and extermination, thanks to the help of Belgians. The ambassador also spoke of the need to keep alive the memory of the Holocaust and of the determination of the Belgian government to fight against anti-Semitism and all other forms of racism and discrimination.
Ambassador Veranneman also conveyed the following message especially sent by the Prime Minister, Guy Verhofstadt:
"It is a great honor for our country that so many Belgians have been singled out as “Righteous Gentiles” by Yad Vashem. Of course, their recognition does not detract from the burden of the Holocaust and the shame of collaboration. But it serves as a reminder that even in such extreme circumstances other Belgians rebelled by quietly giving their utmost, using the meagre means at their disposal to save others. It is only fitting that we in Belgium should cherish the memory of these heroes and honor them. For remembrance is a form of hope."
After the Ambassador's speech, Mr. Shalev solemnly presented him with the encyclopaedia.
SPEECH BY THE AMBASSADOR OF BELGIUM, H.E. JEAN-MICHEL VERANNEMAN DE WATERVLIET ON THE OCCASION OF THE PRESENTATION OF THE ENCYCLOPEDIA OF THE RIGHTEOUS AMONG THE NATIONS OF BELGIUM
Mr Shalev, Chairman of the Yad Vashem Directorate, Professor Michman, Israeli friends, Ladies and Gentlemen of the Belgian Community in Israel, gvirotay vérabotay,
It is a great honour for me to be here today to receive, in the name of the Belgian government, the Encyclopedia dedicated to the Belgian citizens who have been granted the title of “Righteous among the Nations” by Yad Vashem, the highest distinction bestowed by the Jewish people on non-Jews. I avail myself of this opportunity to thank Professor Michman for the important work he has done as editor-in-chief of this Encyclopedia. This is a moving moment for me, as I stand here in Yad Vashem to pay tribute to my countrymen who, in the darkest hours in the history of my country, stood up to evil, extended their hand to their fellow citizens in need, and risked their lives trying to save Jews from the grips of the Nazis, from deportation and extermination.
Ladies and Gentlemen, in May1940, Belgium was occupied by Germany for the second time in twenty-five years. Our country became one of the few to have been occupied twice in a century. The elected Government went into exile in London. From there it supported the internal Resistance, sent funds to support the Jews that had gone into hiding, organized Belgian military units within the British Armed Forces and generally participated in the Allied war effort.
During the four years of nazi occupation, the behavior of the Belgian population was roughly similar to that of the other occupied countries in Europe: the majority waited things out and tried to survive. However, some collaborated with the nazi rulers for economic or ideological reasons, some others joined the Waffen SS and fought in Russia while others became members of the police forces set up by the Germans to assist them. After the war 87.000 persons were prosecuted in Belgium for treason, war crimes, having aided the enemy, having betrayed Resistance fighters or Jews to the Gestapo etc. Of those found guilty about 4.000 received death sentences. Out of these 241 were carried out.
But at the same time, tens of thousands of other Belgians, many among them women, resisted nazi occupation by arms, by sabotage, by faking papers, by hiding Jews or other persons sought by the Germans, by spying for the Allies or by setting up escape routes for Allied pilots who had been shot down. Timely action by the Belgian Resistance prevented the retreating German army from destroying the port of Antwerp which fell intact into Allied hands in September 1944, thus shortening the supply lines that had until then relied on artificial ports in Normandy. Retaking Antwerp was the main objective of the German offensive in the Ardennes in December 1944, a.k.a. the Battle of the Bulge. About 17,000 Belgian Resistance fighters were executed or died at Fort Breendonk prison outside Brussels or in jails or concentration camps in Germany, mainly in Dachau or Ravensbrück. Some of these Resistance fighters had already opposed the first occupation twenty years earlier, like the leader of the group to which my father belonged.
The 6 million European Jews who were killed by the Nazis during World War II included about 25,000 Jews of Belgian nationality or Jewish refugees from other countries, who were deported by train to Auschwitz between 1942 and 1944, leaving from a central collection point in Mechelen, between Brussels and Antwerp, including famous train number XX, which was attacked by a small group of Resistance fighters. The railway workers prevented by sabotage the last one from leaving Belgium when the Allies were arriving in September 1944, and its occupants thus escaped death.
Only a small minority, about 1200, of the deportees survived the horrors of the Shoa. The Belgian government recognizes that the fact that Belgian citizens collaborated with the occupying forces and played a part in that horrific episode remains a blemish on our national record that no one can erase.
Yet Belgium was one of the few countries occupied by Nazi Germany where a majority of the Jews (about 56 %) who were on Belgian soil when occupation began, escaped deportation and annihilation thanks to the help and devotion of Belgians: Queen Elisabeth, the grandmother of our King, whose successful intercessions with the German military commander resulted in several hundreds of Jews being saved, including many children and old people, the Belgian Resistance, numerous catholic priests and nuns who hid and helped Jews out of Christian mercy, members of traditional families inspired by their sense of duty, groups or associations led by their political or social commitments or humanitarian ideals, clandestine Jewish groups and, above all, countless ordinary people from all walks of life who listened to the voice of their conscience and goodness of their heart and acted accordingly, more often than not risking their own lives.
Some have estimated that in order to save about half the Jews, a larger number of persons must have been involved either directly or indirectly than the number hitherto acknowledged. More “Righteous among the Nations” will probably be recognized in the future, including, possibly, my late grand-father.
We, in Belgium, are aware of the debt we owe these courageous people who have risen as upholders of the honor of our country. Here in Israel, it has become a yearly tradition to express our gratitude by holding a small reception at the residence of the Ambassador of Belgium to commemorate them.
Remembrance is also necessary in order to ensure that the atrocities of that period do not happen again. We have indeed the duty to keep alive the memory of the Holocaust and to pursue tolerance with steadfast determination.
Ladies and Gentlemen, I would like to stress here that my government takes an uncompromising stance on anti-Semitism and on all other forms of racism and discrimination. Preventive and repressive measures are being applied at every possible level: legal proceedings, prosecution of all aggressions of a racist or anti-Semitic nature, protection of Jewish institutions, etc. Belgium has applied for membership at the International Cooperation on Holocaust Education, Remembrance and Research. 27th of January is now in Belgium the official remembrance day of the Holocaust. Education is of prime concern to the Belgian government and a series of actions have been undertaken in that field as well. Last April, twenty Belgian teachers from the Flemish and French communities have participated in Yad Vashem, in a one-week seminar on the teaching of the Holocaust, which was financed by the Belgian Ministry of Foreign Affairs.
Ladies and Gentlemen, the Righteous among the Nations should serve as role models for moral conduct for us and for future generations. As we are gathered here to honor their memory, let me convey to you the message sent on this occasion by Belgian Prime Minister, Guy Verhofstadt: I quote “It is a great honor for our country that so many Belgians have been singled out as “Righteous Gentiles” by Yad Vashem. Of course, their recognition does not detract from the burden of the Holocaust and the shame of collaboration. But it serves as a reminder that even in such extreme circumstances other Belgians rebelled by quietly giving their utmost, using the meager means at their disposal to save others. It is only fitting that we in Belgium should cherish the memory of these heroes and honor them. For remembrance is a form of hope.” End of quote. And let me also repeat the vow made here earlier this year by the Prime Minister on the occasion of the inauguration of the new Yad Vashem museum: “In the name of tolerance, we will never again tolerate the intolerant”.
Toda raba vé Shana tova. |